Vanecha Roudbaraki

Vanecha Roudbaraki,ou le dialogue des ténèbres et de la lumière

D’origine iranienne, Vanecha Roudbaraki indique qu’elle s’interroge depuis toujours, par le moyen de sa peinture, sur « le rapport entre l’homme et la nature ». Elle pose ainsi rien moins que l’une des questions centrales de l’esthétique : l’œuvre d’art se rencontre nécessairement dans le monde des objets où se mêlent de manière inextricable le naturel et le culturel et, d’une manière générale, l’objet esthétique ne désavoue jamais la nature. Cette dernière, lorsqu’elle fait alliance avec l’art, garde son caractère de nature et le communique à l’art. Ou bien, disons que l’objet esthétique est nature en ce qu’il exprime la nature : non qu’il l’imite (Vanecha Roudbaraki n’imite en rien des cerisiers, par exemple, dans la toile de 2005 qui porte ce titre), mais parce qu’il s’y soumet. Or la conception de la nature à laquelle se soumet l’ art de Vanecha, particulièrement dans la série des Visions en 2008, correspond aux plus anciennes traditions de la pensée perse, antérieures même à Avicenne. Il s’agit du mazdéisme qui, joint aux sources religieuses iraniennes (zervânisme, mithriacisme, manichéisme), constitue la substance du dualisme iranien : Lumière et Ténèbres, qu’il faut distinguer du dualisme grec (Idée et Matière). Les Visions nous apparaissent bien comme des trouées de lumière qui ont engagé la lutte avec l’ombre environnante. Vanecha a choisi de vivre en Occident, sans nul doute a-t-elle regardé et assimilé les Fauves (Matisse et Derain dans leur jeunesse) ou Van Gogh, mais il y a autre chose dans sa peinture, qui lui appartient en propre comme il appartient à la tradition de l’art oriental (ishrâqî). De même qu’il y a une philosophie ishrâqî, pour laquelle connaître, c’est être muni de deux types de perception dont l’une a pour objet les images d’un monde suprasensible aussi réel que le monde sensible, de même il y a une peinture ishrâqî, une peinture de la lumière dont chacune des Visions de Vanecha donne une version possible.

Jean-Luc Chalumeau Janvier 2009

Le vide Automnal

100x100cm

acrylique sur toile

2011

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